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4 raisons de démystifier l’échec dans son parcours professionnel

Série « Et si l’échec était le meilleur moyen de réussir ? » 1/5

Publié le 10 septembre 2019

S’il est un tabou indétrônable dans l’entrepreneuriat et le monde professionnel en général, c’est bien celui-là : l’échec. Celui qui nous hante, celui qui nous écrase, celui dont on a honte. Doutes, perte de confiance, dépression… au bout du chemin de l’échec, la perspective n’est pas glorieuse !

La peur de l’échec impacte non seulement les individus, mais aussi notre économie toute entière : Paralysante par essence, elle est un frein colossal à la prise de décision, à l’action et forcément, à l’innovation.

Pourquoi ? Parce que, par définition, nous interprétons l’échec comme étant l’opposé du succès. Il est alors extrêmement difficile d’envisager nos échecs comme des expériences nécessaires et enrichissantes.

Et pourtant… faisons un parallèle : Avez-vous déjà vu un bébé apprendre à marcher sans tomber ? La réponse est si évidente quand il s’agit d’un enfant. Pourquoi devient-elle aussi complexe au regard de nos vies professionnelles, de nos apprentissages d’entrepreneurs, de salariés, d’étudiants ? Vous n’envisageriez sûrement pas de reprocher à ce bébé de tomber quand il apprend à marcher. Mieux, vous savez exactement la nécessité de tomber pour apprendre à s’équilibrer, à mettre un pied devant l’autre et finalement à avancer !

Et si nous nous souvenions que, nous aussi, nous sommes tombés maintes fois avant de savoir marcher ? Et si nous accordions à l’échec une place privilégiée dans notre apprentissage de la réussite ?

1. Changer de perception

Selon le Larousse, l’échec se définit comme le « résultat négatif d’une tentative ».

De cette définition, il est tentant de ne retenir que le mot « négatif », alors que c’est bien la notion de« tentatives » sur laquelle nous devrions nous concentrer.

Echouer, n’est-ce pas avant tout une question de perception, une manière de voir les choses ?

Thomas Edison l’a très bien résumé dans l’une de ses citations les plus célèbres : « Je n’ai pas échoué, j’ai trouvé 2000 façons qui ne fonctionnent pas. Je ne me décourage pas, car chaque tentative échouée est un pas de plus vers la réussite ».

Nous avons donc le choix : stigmatiser l’échec ou valoriser l’apprentissage.

Dans tous les cas, il y a bien sûr une part de déception. Il serait illusoire et vain de prétendre qu’échouer est agréable, encore moins que c’est facile à gérer. Avec l’échec, on se confronte au décalage entre nos attentes, que l’on voulait positives, et le résultat, qui est lui, négatif. Dans le monde professionnel, quand on échoue, au-delà de la honte et du doute, il y a un des craintes pratiques qu’on ne peut nier : perdre son travail, ne pas obtenir d’augmentation, faire faillite, être catalogué « incompétent » ou qualifié de « loser ».

Le droit à l’erreur ne peut que s’accepter et devrait se cultiver, pour que le regard porté sur soi, et porté par les autres ne soit plus source d’angoisses inutiles.

2. Sortir du tabou de l’échec

Certaines cultures ont adopté l’échec comme un rite initiatique nécessaire, un passage qui permettra à ceux qui le vivent d’en tirer des enseignements et de progresser.

A la Réunion, comme dans le reste de la France, jusqu’à peu, il n’y avait pas de place pour l’échec. Dès l’école, nous avons appris à ne valoriser que la réussite : les bonnes notes et les bons points doivent s’aligner pour prouver qu’on peut réussir. « Il faut que tu aies de bons résultats à l’école, pour trouver un bon boulot » est un adage qui résonne encore pour nombre d’entre nous.

Il en résulte une aversion profonde pour l’échec, une peur irrationnelle d’échouer.

Paradoxalement, l’être humain est naturellement prédisposé à la prise de risque : les grandes découvertes et les succès les plus fous sont arrivés à ceux et celles qui ont osé.

Rappelez-vous, par exemple, que Christophe Colomb cherchait… les Indes ! Admettons qu’il eût fallu noter sa performance, comme on le ferait à l’école ou en entreprise : atteinte des objectifs ? Zéro !

C’est ridicule d’envisager les choses sous cet angle, diriez-vous ? Malheureusement, c’est bien ce que nous apprenons parfois dès le plus jeune âge. Ne serait-il pas plus judicieux d’apprendre à nos enfants que l’échec fait partie d’un processus d’apprentissage nécessaire ? Préparer nos enfants à se tromper, c’est leur donner l’opportunité d’explorer leurs capacités de créer, d’innover et d’apprendre.

3. Oser se tromper pour mieux apprendre

Dans la Sillicon Valley, la devise est la suivante : « Fail fast. Learn faster. Innovate ». En résumé, plus vous échouez tôt, plus vous réussissez vite ! On ne parle même plus de « failure » mais de « pivot ».

Pour preuve : statistiquement, les fonds d’investissement américains prêtent plus à des entreprises qui ont déjà connu l’échec. Il est perçu comme le signe que vous ferez mieux la prochaine fois. Vous avez de meilleures chances de réussir parce que vous avez appris et vous ne referez pas les mêmes erreurs.

“Je ne perds jamais. Soit je gagne, soit j’apprends” disait Nelson Mandela. L’échec nous en apprend tellement sur nous… sur notre persévérance, sur notre capacité de résilience. Cela peut paraître contre intuitif, mais être prêt à échouer permet de muscler notre confiance en nous. L’échec rend ainsi nos tentatives plus rapides, plus faciles et plus assurées : derrière chaque erreur se cache le moyen de s’améliorer.

Finalement, il n’y a que les gens qui ne tentent pas qui n’échouent jamais… L’échec est peut-être une chance à saisir, une étape qui nous permet de nous questionner. Parfois, l’échec nous indique que l’on persévère dans une voie qui n’est pas faite pour nous. Parfois, on découvre l’existence de chemins que nous n’avions pas imaginé. Une chose est sûre, il faudrait être toujours particulièrement attentif à ses « fails ».

4. Dédramatiser !

La liste est longue de ces « ratages » célèbres qui ont fini par devenir des succès : Henri Ford, ruiné par sa toute première entreprise avant Ford Motors Company, Charles Aznavour à qui ses professeurs avaient fortement déconseillé de chanter, Tim Ferri, rejeté 25 fois par des éditeurs avant que son livre La Semaine de 4 jours ne devienne un best-seller… Walt Disney, Steve Jobs, Sylvester Stallone, Thomas Edison, Steven Spielberg…

Pour toutes ses raisons, Crealise a décidé d’en parler pour enfin briser les tabous en s’inspirant du succès d’événements internationaux de ce type et en créant les soirées Nou La Fail.

Ces soirées décontractées, dans des cadres conviviaux se dérouleront aux quatre coins de l’île avec l’ambition de permettre à des entrepreneuses et des entrepreneurs péi de poser des mots sur leurs échecs et de partager leurs expériences sans langue de bois. 

Au programme de ces soirées : quatre « StoryFailers », tels des aventuriers et aventurières des temps modernes, ayant surmonté des situations extraordinaires, raconteront leurs histoires à ceux et celles qui veulent apprendre… une sorte de grande thérapie en somme !

La question clé n’est finalement plus de savoir si l’on accepte ou pas l’échec puisqu’il est incontournable, même pour ceux qui ont réussi. Elle est de savoir apprendre de ses échecs, d’en tirer des leçons et de s’améliorer ensuite. A la fois de manière individuelle mais aussi de manière collective, pour que l’ensemble de l’écosystème de l’innovation de notre île progresse.

Portraits de RockFailers célèbres

C’est parce qu’ils ont échoué qu’ils ont réussi…

Walt Disney, le rêveur ambitieux

1922 : Walt dépose le bilan de sa société Laugh-O-Grams Films. Il perd son logement, mange à crédit et, en 1923, il vend sa caméra pour acheter un billet de train. Direction : Hollywood !

1928 : Le succès de sa première création Oswald le lapin chanceux vire au cauchemar ! A l’expiration de son contrat avec son distributeur new-yorkais, celui-ci refuse d’augmenter les crédits alloués à la série. Pire, il diminue son cachet, débauche la moitié de ses animateurs et lui annonce que le personnage n’est pas sa propriété. C’est un coup de massue. Mais Walt Disney ne plie pas : il refuse les nouvelles conditions et se résigne à abandonner son lapin…

Depuis, la légende raconte que c’est dans le train de retour pour la Californie qu’il aurait esquissé, pour la première fois, la silhouette d’une petite souris.

Pour réaliser une chose vraiment extraordinaire, commencez par la rêver. Ensuite, réveillez-vous calmement et allez d’un trait jusqu’au bout de votre rêve sans jamais vous laisser décourager.

Auteur :  Antoine Devasle, Co-fondateur de Crealise

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